CRISPR : L’outil qui remplace les antibiotiques

S’il y a quelque chose que j’adore grâce à ma passion d’écrire des articles sur l’actualité scientifique et technologique liée au futur, c’est que je lis sans cesse des choses extraordinaires ! L’espace, les robots et l’intelligence artificielle c’est géniale ! Mais la médecine… C’est dans la médecine qu’on voit le génie humain. Mais du coup « CRISPR » c’est quoi ?

Bactéries qui se multiplient.
CRISPR est administré à une bactérie pour en modifier son ADN et la détruire. Crédit photo : Wikipedia

CRISPR : C’est quoi ?

« Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats« . Comment ça, ça ne vous aide pas ? Bon, soyons-gentils. « Courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées ». Toujours pas ?! Je vous taquine, moi non plus je ne comprenais pas en lisant, j’ai du me renseigner 🙂

CRISPR est une méthode d’édition du génome. C’est un nouveau moyen, un nouvel outil qui permet de couper l’ADN à un endroit précis du génome dans n’importe quelle cellule. Le « génome éditing » (ou édition de génome) n’est pas nouveau. Jusque là, d’autres méthodes étaient utilisées :

  • Les nucléases à doigts de zinc
  • Les méganucléoses
  • Les TALENs (nucléases effectrices de type activateur de transcription)

Je vous parle de CRISPR mais je devrais plutôt dire CRISPR-Cas9. Pour Enzyme Cas9. CRISPR est constitué d’un « ARN guide », c’est ce qui va permettre de localiser la cible, une séquence ADN particulière associée à l’enzyme Cas9. Ensuite, comme des ciseaux moléculaire, il va coupé l’ADN.

Un nouveau moyen d’introduire CRISPR

Les chercheurs de Western University (Canada) ont mis au point un nouveau moyen d’introduire CRISPR-Cas9 dans les micro-organismes en laboratoires. Un nouveau moyen qui permet de lancer efficacement une attaque ciblée sur une bactérie SPÉCIFIQUE !

Cette étude, publiée dans Nature Communication, nous ouvre la possibilité d’utiliser l’outil CRISPR pour modifier la composition du micro-biome humain. En plus d’être déjà extraordinaire, cette modification pourra être personnalisée et spécifique d’un humain à l’autre.

Cette méthode pourrait également permettre de remplacer les antibiotiques. C’est un enjeu majeur de la médecine, car vous le savez peut-être, mais ce qui se passe dans notre corps est fantastique ! Plus vous prenez d’antibiotiques, plus les virus se renforcent pour y résister, plus nous modifions les antibiotiques pour qu’ils contrent les virus. C’est un marathon, et pour le coup, on ne tiendra surement pas la distance. C’est pour cela qu’il est très important de trouver un moyen de nous défendre sans utiliser d’antibiotiques. Nous devons empêcher le VIRUS de muter.

CRISPR-Cas9
L’outil CRISPR-Cas9. Source photo : Wikipedia

CRISPR modifie l’ADN

«L’une des principales raisons pour lesquelles je suis enthousiasmé par ce travail, c’est qu’il dispose d’un large éventail d’applications réelles» Déclarait le professeur adjoint de la faculté de médecine et de dentisterie Schulich Bogumil Karas. «Cela pourrait permettre de développer des agents antimicrobiens de nouvelle génération qui seraient efficaces même pour les bactéries résistantes à tous les antibiotiques connus. Cette technologie pourrait également être utilisée pour aider les «bonnes» bactéries à produire des composés destinés à traiter les maladies causées par une carence en protéines. ”

Comme je vous le disais, CRISPR permet de cibler des segments spécifiques du code génétique et d’éditer l’ADN à des emplacements précis. Les chercheurs l’utilisent pour modifier de façon permanente les gènes dans les cellules et organismes vivant. En revanche, jusqu’à présent, il n’existait aucun moyen de cibler efficacement et spécifiquement certaines souches bactériennes.

«Le problème a toujours été de savoir comment obtenir CRISPR où vous le souhaitez. Les autres systèmes de distribution ne pouvaient aller que dans quelques endroits, où les nôtres peuvent aller n’importe où. ” Rappelons-le, les chercheurs de la Western University n’ont pas inventé l’outil CRISPR. Ils ont mis au point un nouveau moyen de l’utiliser, un nouveau système de livraison.

Un nouveau système de livraison

Le nouveau système de livraison mis au point par les chercheurs de la Western University permet d’utiliser la capacité naturelle de la bactérie à se répliquer. En terme scientifiques, ça s’appelle la « conjugaison bactérienne ». Cette même conjugaison bactérienne, grâce à ce nouveau moyen de livraison, permet d’administrer CRISPR à une bactérie spécifique afin d’en modifier son ADN et de la tuer.

David Edgell, Greg Gloor, et Bogumil Karas, utilisant l'une des seules imprimantes à ADN du Canada dans leur laboratoire à Western
David Edgell, Greg Gloor, et Bogumil Karas, utilisant l’une des seules imprimantes à ADN du Canada dans leur laboratoire à Western. Source photo : MediaRelation

«La délivrance spécifique de tout agent thérapeutique, y compris CRISPR, est généralement l’un des plus gros goulots d’étranglement dans le développement de nouveaux traitements. En développant ce nouveau système de distribution, nous avons créé de nouveaux outils qui pourraient nous aider à développer des thérapies plus efficaces dans un proche avenir », a déclaré Karas.

De plus, l’équipe affirme que ce nouveau système de livraison est applicable. Mais en plus d’être applicable, il est plus efficace que les autres moyens.

«Nous avons pu montrer le transfert presque complet du véhicule de livraison à une autre espèce bactérienne dans des conditions où ils sont en contact intime – dans un biofilm. Ceci est important car les biofilms sont l’état naturel de la majorité des bactéries, et il est généralement difficile de transférer de l’ADN dans ces conditions, mais nous avons trouvé un moyen de le rendre simple et efficace », déclarait Gregory Gloor.

Toujours plus loin

Il y a un moment où on se dit : « Un moment ça va être trop petit, trop compliqué ». On s’étonne toujours de jusqu’où on peut aller, et pourtant on arrive à aller toujours plus loin ! Cette petite révolution nous permet de modifier notre ADN. A savoir que notre ADN, c’est un peu comme le code source de la matrice. C’est d’une complexité inouïe, mais quand on modifie ce code source, on modifie la source même de notre être. Ici, CRISPR-Cas9 nous permet de nous passer d’antibiotiques pour certaines bactéries telles que staphylococcus aureus (Le staphylocoque doré) ou Escherichia coli (E. Coli une bactérie intestinale.)

Comme je vous le disais au début, j’ai adoré écrire cet article, parce que j’ai adoré lire et me renseigner sur cette avancée de la médecine.

Clément Fouillade

Étudiant en Info-Com passionné par les sciences et le futur. Je parle et surtout je donne mon avis

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